Faîtage à sec ou scellé : quel meilleur choix pour ma toiture ?
- Patrick, Bricoleur passionné
- 20 févr.
- 5 min de lecture
Quand j’ai refait la toiture de ma maison, je me suis retrouvé face à un dilemme que beaucoup de bricoleurs connaissent : opter pour un faîtage maçonné, comme on le faisait à l’ancienne, ou me lancer dans le faîtage à sec, plus moderne et apparemment plus durable. Pour trancher, j’ai sollicité les conseils d’un ami couvreur, un vrai passionné du métier. Grâce à lui, j’ai compris que ce choix n’était pas qu’une question de mode ou de budget, mais bien une décision technique qui dépend de nombreux facteurs : le type de toiture, les conditions climatiques et même l’entretien futur. Voici ce que j’ai appris.
C'est quoi le faîtage ?
Il s’agit de la partie supérieure d’un toit en pente, là où deux versants se rejoignent pour former une ligne horizontale.
Le faîtage assure l’imperméabilité de la jointure entre les deux pans du toit, tout en permettant une bonne ventilation de la structure.
Dans la pratique, le faîtage se compose souvent de tuiles faîtières, qui viennent couvrir cette ligne de jonction.
Ces tuiles sont fixées soit par scellement (avec un mortier), soit par un système mécanique appelé "faîtage à sec". Ce sont les deux méthodes qu'on va comparer aujourd'hui.
Depuis plusieurs années, les réglementations en matière de construction et de rénovation ont évolué, mettant davantage l’accent sur la durabilité, la résistance aux intempéries et l’efficacité énergétique des bâtiments. Ces évolutions ont eu un impact direct sur les méthodes de pose du faîtage. Traditionnellement, le scellement au mortier était la norme. Mais avec le temps, le faîtage à sec s’est imposé comme une alternative moderne, notamment grâce à sa simplicité d’installation et à sa durabilité accrue. Le choix entre ces deux méthodes dépend de nombreux critères, notamment le type de toiture, les conditions climatiques locales et, bien sûr, votre budget.

Le faîtage scellé : une méthode ancestrale
Le faîtage scellé, parfois appelé faîtage maçonné, est une technique traditionnelle qui consiste à fixer les tuiles faîtières à l’aide d’un mortier. Le mortier, un mélange de ciment, de sable et d’eau, est appliqué entre les tuiles et les arêtiers pour les maintenir en place. Cette technique est utilisée depuis des siècles, notamment sur des bâtiments anciens ou dans des régions où l’esthétique traditionnelle est privilégiée.
Avantages ✅ : le prix bas
L’un des principaux atouts du faîtage scellé est son esthétique. Cette méthode offre une finition lisse et épurée, particulièrement adaptée aux maisons de style classique ou rural. En outre, le scellement au mortier confère une solidité immédiate et une bonne résistance au vent, à condition que le travail soit réalisé dans les règles de l’art.
Cette méthode est également adaptée aux toitures en pente très prononcée, où les tuiles doivent être solidement maintenues pour éviter tout glissement. Et surtout, le faîtage scellé est bien moins cher à poser, car il ne nécessite pas l’achat de kits spécifiques comme c’est le cas pour le faîtage à sec.
Inconvénients ⛔️ : les fissures
Cependant, le faîtage scellé présente plusieurs limites, qui me sont confirmées par Kevin, un ami couvreur à Blois, vous pouvez visiter son site web : https://www.toituresduloiretcher.fr/
😟 Le mortier est susceptible de se fissurer avec le temps, notamment sous l’effet des variations de température, du gel et du dégel. Ces fissures peuvent entraîner des infiltrations d’eau, compromettant l’étanchéité de la toiture.
De plus, le mortier empêche une ventilation efficace sous les tuiles, ce qui peut favoriser l’apparition de moisissures ou de condensation à l’intérieur de la toiture.
Par ailleurs, le scellement nécessite un entretien régulier. Les fissures dans le mortier doivent être réparées rapidement pour éviter des dégâts plus importants. Enfin, cette méthode est plus complexe à mettre en œuvre et nécessite souvent l’intervention d’un professionnel qualifié.
Le faîtage à sec : une alternative moderne
Le faîtage à sec, également appelé faîtage mécanique, repose sur l’utilisation d’un système de fixation sans mortier. Les tuiles faîtières sont maintenues en place à l’aide de clips, de vis ou de bandes spécifiques, souvent accompagnées d’un closoir ventilé. Ce dernier permet de sceller la toiture tout en favorisant la circulation de l’air.
Avantages ✅ : durable
😊 Le principal avantage du faîtage à sec réside dans sa durabilité. Contrairement au mortier, le faitage à sec ne se fissure pas avec le temps, ce qui garantit une meilleure étanchéité sur le long terme.
De plus, le closoir ventilé permet une ventilation optimale de la toiture, réduisant ainsi les risques de condensation et d’humidité.
Cette méthode est également plus rapide et plus simple à installer, ce qui peut réduire les coûts de main-d’œuvre. Enfin, le faîtage à sec est conforme aux normes actuelles en matière de construction, qui privilégient des solutions durables et performantes.
Inconvénients ⛔️ : plus cher
Malgré ses nombreux atouts, le faîtage à sec présente aussi quelques limites. Tout d’abord, il est plus cher à installer que le faîtage cimenté, en raison du prix des kits spécifiques. De plus, cette méthode impose de respecter des normes strictes lors de l’installation, sous peine de compromettre l’étanchéité ou la solidité de la toiture.
Enfin, sur le plan esthétique, le faîtage à sec peut sembler moins harmonieux que le scellement au mortier, notamment sur des bâtiments anciens ou traditionnels.
Combien ça coûte tout ça ?
Le nerf de la guerre, c'est l'oseille !
Si vous partez sur un faîtage maçonné, comptez entre 40 et 60 euros par mètre linéaire, pose et matériaux compris, mais gardez en tête qu’il faudra prévoir des réparations dans quelques années. Pour un faîtage à sec, on est plutôt sur du 70 à 100 euros par mètre linéaire, et ce surtout si on doit d’abord détruire l’ancien faîtage maçonné, mais là, c’est du solide pour 30 ans sans toucher à rien.
Comment choisir entre faîtage à sec et faîtage scellé ?
Le choix entre ces deux techniques dépend avant tout de vos besoins spécifiques, mais aussi des contraintes de votre toiture. Voici quelques critères à prendre en compte :
L’âge et le type de votre habitation : Si vous possédez une maison ancienne ou classée, le faîtage scellé peut être plus adapté pour préserver le cachet architectural. En revanche, pour une construction récente, le faîtage à sec est souvent recommandé.
Les conditions climatiques locales : Dans les régions exposées à des vents violents ou à des écarts de température importants, le faîtage à sec offre une meilleure résistance sur le long terme.
Votre budget : Si vous recherchez une solution économique à court terme, le faîtage scellé peut être une option. Cependant, sur le long terme, le faîtage à sec s’avère souvent plus rentable grâce à sa durabilité.
L’entretien : Si vous souhaitez limiter les travaux d’entretien, le faîtage à sec est idéal, car il ne nécessite pratiquement aucun suivi après l’installation.
L'avis d'un couvreur pro : quel faîtage choisir?
En clair, si vous hésitez encore, je vais être direct : le faîtage à sec est la meilleure option, point.
Oui, ça coûte un peu plus cher, surtout si vous avez un ancien faîtage maçonné à détruire avant de repartir sur une base propre. Mais croyez-moi, ça vaut l’investissement. Pas de fissures à surveiller, pas de mortier à refaire tous les dix ans, et une toiture qui respire mieux, donc moins de problèmes d’humidité. C’est simple : vous payez un peu plus aujourd’hui, mais vous dormez tranquille pendant des décennies. Et ça, ça n’a pas de prix.